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U catenacciu

catenacciu

A 21 heures la vieille ville revit la passion du christ à travers la procession du catenacciu. Doucement la nuit tombe, les fenêtres s'illuminent de bougies, de lampes. Les ombres lentes, s'acheminent vers la place.
Le pénitent rouge (u catenacciu), les chaînes au pied, porte une lourde croix et s'apprête à faire un parcours de 1,8km, figurant la montée du christ vers le golgotha. Il est suivi par un pénitent blanc et huit pénitents noirs Tous accomplissent le chemin de croix pieds nus. Ils sont entourés par les membres de la confrérie du santisimo sacremento qui forment une haie d' honneur, et de la foule des fidèles qui chantent sans interruption le vieux chant de pénitence: " Perdono, mio Dio ".

 

U catenacciu avance avec une désespérante tristesse alourdi par les anneaux de sa chaîne et par le balancement d'une longue croix. Il avance encore et encore, l'épaule tuméfiée, meurtrie, humble ! La croix pèse 50 kg et la chaîne 15 kg.
Comme le Christ, u catenacciu doit chuter trois fois sur la route qui le mène au "Golgotha".
La première chute se fait devant l'oratoire Sainte-Anne, l'église paroissiale de Sartene du XVIIIe siècle. Toute la ville récite le " Notre Père " et le " Je vous salue Marie "pendant que le pénitent reste couché sur le sol. La seconde chute s' effectue sur la place Porta, au pied de l'église Sainte-Marie.

a terre
   
 
Après la troisième et dernière chute, les pénitents rejoignent le parvis de l'église paroissiale. Puis tous regagnent l'église Sainte-Marie pour s' y recueillir.
 
croix
 

Quel est donc ce pénitent ? nul ne connaît son nom , excepté le curé, On se dit que c'est un sombre pêcheur qui veut expier. Et il expie, il tombe et se relève sans aide avec son fardeau. Les pierres du chemin déchirent ses pieds. Il expie ! la croix massive est lourde et son extrémité creuse un sillon dans le sol.
C'est alors seulement que u Catenacciù rentre dans l'église, dépose la croix sur le maître-autel et se recueille, entouré de tous les pénitents.
U catenacciu est reconduit au couvent, et beaucoup plus tard, dans la nuit, pour ne pas être reconnu, il regagnera son domicile, son village, son maquis, sa prison ...
Mais l'on parle encore de ce Rocchini, dernier bandit à avoir été condamné à mort à Sartène en 1888, cueilli deux ans plus tôt par les gendarmes, qui l'avaient laissé accomplir sa procession rédemptrice. De nos jours, l'anonymat est strictement respecté.

   
 
 
 
 
 
 
 
 

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